
La-chronique.fr – 14 Octobre 2026
Du 24 octobre 2026 au 17 janvier 2027, la cinquième Biennale des Imaginaires Numériques déploie ses installations, performances, expositions et créations sonores dans plusieurs villes de Provence. Sous le titre Résistances, elle invite les artistes à interroger notre rapport aux technologies et les libertés que nous leur abandonnons parfois sans même nous en apercevoir.
Nos téléphones connaissent nos habitudes, les algorithmes orientent une partie de nos choix et les images numériques occupent une place grandissante dans notre manière de comprendre le monde. Les artistes, eux aussi, se sont emparés de ces outils, mais pas nécessairement pour en célébrer les prouesses. Certains les détournent, d’autres en dévoilent les mécanismes ou imaginent de nouveaux usages, plus libres, plus inattendus. C’est cette capacité de l’art à résister aux logiques imposées par les technologies que la Biennale des Imaginaires Numériques entend explorer cette année.
Organisée par CHRONIQUES, cette cinquième édition rassemble des propositions françaises et internationales à Marseille, Aix-en-Provence, Avignon, Arles, Istres et Port-de-Bouc. Expositions, performances audiovisuelles, installations interactives, créations sonores et spectacles vivants composent un parcours qui déborde largement le cadre habituel de l’art numérique.
Marseille ouvre la Biennale
Le samedi 24 octobre, la Friche la Belle de Mai et le Centre de la Vieille Charité accueilleront les premiers grands rendez-vous marseillais. À la Friche, deux expositions, Désobéir à l’ère numérique et Cartographie sensible et mémoires recomposées, proposeront des approches différentes de cette question de la résistance, entre critique des systèmes techniques et exploration de nos mémoires individuelles et collectives.
La soirée prolongera ces réflexions par la performance et la musique. Élégie d’une disparition, création sonore performative, précédera plusieurs propositions audiovisuelles, dont Tuqus et Chayyel, avant un DJ set de Deena Abdelwahed. L’occasion de rappeler que la création numérique ne se regarde pas seulement sur un écran : elle s’écoute, se traverse et peut aussi se vivre collectivement.
D’Avignon à Arles, des expositions déjà ouvertes
Si l’inauguration officielle est fixée au 24 octobre, certains rendez-vous ont déjà commencé. À Avignon, le Grenier à sel présente * (Dé)jouer les mondes* depuis le 3 octobre, une exposition qui se poursuivra jusqu’au 17 janvier 2027. À Arles, Octobre Numérique – Faire Monde est proposé à la galerie de la Librairie du Palais du 10 octobre au 8 novembre.
Cette présence dans plusieurs villes donne à la Biennale une dimension territoriale intéressante. Plutôt que de concentrer les œuvres dans un lieu unique, elle invite le public à circuler entre les propositions et à découvrir différentes manières d’aborder la création contemporaine.
Aix-en-Provence entre en scène à la fin du mois
Les 30 et 31 octobre, Aix-en-Provence prendra le relais avec deux soirées d’ouverture, organisées notamment autour d’un parcours d’œuvres dans l’espace public. Plusieurs expositions investiront les lieux culturels de la ville, du musée des Tapisseries au Pavillon de Vendôme, en passant par le 3 bis f et la Manufacture.
Cette programmation s’inscrit également dans le cadre de la Biennale d’Aix et de la Saison Méditerranée 2026, avec laquelle CHRONIQUES développe des propositions faisant dialoguer les artistes des deux rives.
L’art numérique, au-delà de la fascination technologique
La Biennale revendique cette année une orientation résolument critique. Sous le mot Résistances, elle rassemble des artistes qui questionnent les usages du numérique, ses pouvoirs, ses dérives et les possibilités de s’en affranchir. Les outils technologiques deviennent alors des matériaux de création, mais aussi des objets de réflexion.
La manifestation se poursuivra jusqu’en janvier, avec d’autres rendez-vous à Istres et Port-de-Bouc, avant une clôture consacrée notamment au spectacle vivant et à la musique. Une manière de rappeler que les imaginaires numériques ne se limitent pas aux machines : ils racontent aussi les sociétés que nous construisons avec elles.
Pierre Salles
Crédit Photo : CHRONIQUE
REPÈRES
Biennale des Imaginaires Numériques — 5e édition
Thématique : Résistances
Dates générales : du 24 octobre 2026 au 17 janvier 2027, avec certaines expositions ouvertes dès le début du mois d’octobre
Villes : Marseille, Aix-en-Provence, Avignon, Arles, Istres et Port-de-Bouc
Ouverture marseillaise : 24 octobre 2026
Ouverture aixoise : 30 et 31 octobre 2026
Site officiel : chroniques-biennale.org




