
La-chronique.fr – 26 Août 2026
Du 25 au 27 septembre 2026, C’est pas du luxe ! revient à Avignon pour sa huitième édition. Trois jours, 70 créations artistiques, plus de 700 artistes et une trentaine de lieux pour faire se rencontrer création, fête, solidarité et des parcours de vie que les scènes culturelles donnent encore trop rarement à voir et à entendre.
Après l’effervescence de juillet, Avignon retrouvera en septembre un tout autre festival. Pas d’accumulation d’affiches sur les murs ni de course effrénée d’une salle à l’autre : C’est pas du luxe ! est l’aboutissement de projets artistiques construits au long cours, associant artistes professionnels, personnes accueillies dans des structures de lutte contre la précarité et travailleurs sociaux. À découvrir : l’histoire de C’est pas du luxe !, de sa création en 2012 à son installation à Avignon.
Les 25, 26 et 27 septembre 2026, ces créations rencontreront enfin le public avignonnais. Une huitième édition sous le signe des liens
Pour cette huitième édition, le festival choisit notamment d’interroger ce qui nous lie : les amitiés construites dans l’errance, les familles que l’on choisit, les solidarités qui apparaissent lorsque les parcours de vie se brisent ou encore ce qui subsiste lorsque les lieux où l’on vit ne cessent de changer et et pour accompagner cette édition, C’est pas du luxe ! s’est choisi un parrain bien connu du public : Benjamin Lavernhe, sociétaire de la Comédie-Française. Une présence qui contribue aussi à rappeler que C’est pas du luxe ! ne construit pas un univers artistique parallèle. Le festival cherche au contraire à provoquer des rencontres entre des mondes qui ont trop rarement l’occasion de se croiser.
Écho et Zéphyr : faire famille autrement
Avec Écho et Zéphyr, le collectif constitué depuis 2022 autour de pensions de famille et de la Collection Lambert poursuit son aventure. Habitants de pensions de famille, travailleurs sociaux et membres de la Collection sont rejoints par la metteuse en scène Émilie Rousset, la cinéaste Louise Hémon et l’autrice Sarah Maeght. Cinéma, théâtre, arts plastiques et arts visuels permettront d’explorer les familles choisies, les liens de solidarité et ces nouvelles formes d’appartenance qui se construisent parfois loin des cadres traditionnels.
Empreinte(s) de l’invisible empruntera une autre voie.
Avec la scénographe et plasticienne Bissane Al Charif, des personnes accueillies et des travailleurs sociaux participent à la construction d’une installation multimédia autour d’une question aussi intime qu’universelle : lorsque les lieux de vie se succèdent, que deviennent nos liens ? À travers les fragments, les récits et les traces laissées par l’absence, l’installation invite à ralentir et à écouter ce qui continue malgré tout à relier les êtres.
Une grande fête hip-hop
Mais C’est pas du luxe ! sait aussi que faire société peut passer par la fête. Street Fighters, emmené par Marina Gomes et la compagnie Hylel, transformera la soirée du samedi 26 septembre en grande agora mêlant danse, rap et théâtre. Battle hip-hop, jury citoyen, flashmob et extraits de création : la frontière entre ceux qui regardent et ceux qui participent devrait rapidement devenir assez mince et c’est probablement tant mieux.
Passe à la maison !
Changement complet d’univers le dimanche avec Passe à la maison ! La designeuse culinaire Sonia Verguet imagine un goûter XXL dans lequel une baguette tordue de quatre mètres pourra côtoyer une tarte gigantesque, une impressionnante pile de crêpes, un pot de vingt kilos de confiture et même une nappe à carreaux comestible. Une fantaisie qui pourrait sembler anecdotique si elle ne racontait finalement, elle aussi, l’une des idées centrales de cette édition : se retrouver autour d’une table reste l’une des manières les plus simples de créer du lien.
Plus de 70 créations : le programme est désormais dévoilé
Depuis la publication de cet article, le programme détaillé de cette huitième édition a été dévoilé. Derrière les quatre grands temps forts déjà annoncés se dessine désormais un festival beaucoup plus vaste, qui investira Avignon pendant trois jours en faisant circuler le public entre lieux culturels, espaces publics et propositions participatives.
Ces quatre projets ne constituent en effet qu’une partie de cette huitième édition. Pendant trois jours, plus de 70 créations artistiques doivent prendre vie dans 30 lieux d’Avignon, portées par plus de 700 artistes. Spectacles, expositions, danse, créations collectives, ateliers, débats, Galerie, Scène ouverte et moments de convivialité permettront de parcourir la ville autrement.
Parmi cette programmation foisonnante, plusieurs propositions prolongent particulièrement l’esprit du festival. Flamme au pays des glaces, présenté le samedi 26 septembre au Théâtre du Balcon, imagine ainsi un conte bilingue en français et en arabe dans lequel une jeune femme contrainte de quitter le « Pays du Feu » doit apprendre à trouver sa place dans un monde où personne ne parle sa langue. Écrit et mis en scène par Matthieu Regnaut avec Espoir en Scène, le spectacle aborde par la fable les questions de l’exil, de l’accueil et de la rencontre.
La Galerie et la Scène ouverte offriront quant à elles la possibilité à des personnes qui créent au sein d’associations de lutte contre la grande précarité de présenter peintures, photographies, sculptures, films, textes ou slams, même lorsqu’elles ne participent pas directement à l’un des projets de la programmation principale. Une manière de pousser encore un peu plus loin le principe du festival : ne pas parler à la place de ceux que l’on entend peu mais leur donner l’espace pour montrer, raconter et créer eux-mêmes.
Dans une programmation foisonnante, notre sélection
« comme de choses vraies » : quand les corps deviennent des paysages
Sept corps, des tableaux vivants et une histoire qui brouille volontairement les frontières entre réalité et imaginaire. Dans « comme de choses vraies », les fées sont des hommes ayant vécu dans un bois, certains pendant quelques semaines, d’autres pendant plusieurs années. Présentée comme un conte chorégraphique documentaire traversé par l’humour, la violence et la philosophie, cette proposition intrigue par la place qu’elle accorde simultanément au témoignage et à la fabulation. Les corps deviennent les dépositaires d’expériences vécues autant que les instruments d’un récit à réinventer.
📍 Les Hivernales – CDCN
📅 Vendredi 25 septembre à 19 h 30
« Méditerranée » : un orchestre pour ouvrir les frontières
Pour l’ouverture de sa saison 2026-2027, l’Orchestre national Avignon-Provence voit grand. Autour de Karel Deseure se réunissent l’ensemble vocal Sequenza 9.3, dirigé par Catherine Simonpietri, plusieurs associations locales et Lambert Wilson à la narration. Une soirée qui entend faire dialoguer création contemporaine et cultures du bassin méditerranéen, avec l’orchestre et le chœur comme espaces de rencontre.
Attention cependant : l’accès avec le bracelet du festival est limité et nécessite une réservation le vendredi au stand d’accueil.
📍 La FabricA
📅 Vendredi 25 septembre à 20 h
« Arrangements avec le monde du bluff » : écrire pour reprendre prise sur le monde
À partir de photographies, de souvenirs et d’expériences personnelles, Les Alphabètes font de l’écriture un territoire commun. Né d’un travail conduit avec Judith Perrignon, Yann Apperry et Donatien Chateigner, le projet mêle les mots, les images et la musique. Présentée au Théâtre des Carmes, cette forme de 1h15 mérite une attention particulière dans une programmation où la parole intime devient régulièrement matière artistique. Non pour exposer des parcours, mais pour permettre à ceux qui les vivent de transformer leur propre récit.
📍 Théâtre des Carmes
📅 Samedi 26 septembre à 17 h
« Passe à la maison ! » : un goûter qui ne fait rien comme les autres
Une baguette de quatre mètres, un pot de confiture de vingt kilos, une tarte aux dimensions déraisonnables, une montagne de crêpes et même une nappe à carreaux comestible : pour clôturer le festival, la designeuse culinaire Sonia Verguet transforme l’un des rituels les plus ordinaires de l’enfance en expérience collective XXL. À mi-chemin entre création plastique, cuisine et fête populaire, « Passe à la maison ! » devrait offrir à cette huitième édition une conclusion à son image : généreuse, participative et légèrement déraisonnable.
📍 Cloître Saint-Louis
📅 Dimanche 27 septembre à 17 h
👨👩👧 EN FAMILLE
« C’est pas du luxe ! » se prête particulièrement bien à une découverte en famille. Plusieurs propositions permettent d’entrer dans le festival sans nécessairement commencer par une représentation en salle.
« Fanfa’récup » : rien ne se perd, tout se joue. Des bouteilles, des capsules, du carton et des objets du quotidien deviennent des instruments de musique. Imaginé avec les habitants de deux pensions de famille, « Fanfa’récup » fait du réemploi le point de départ d’une aventure plastique et musicale. Les instruments seront d’abord exposés au Cloître Saint-Louis avant de prendre vie lors d’un concert au square Agricol Perdiguier. Une manière ludique de montrer aux plus jeunes qu’un objet destiné à être jeté peut encore produire beaucoup de bruit — et surtout beaucoup de musique.
📍 Cloître Saint-Louis puis square Agricol Perdiguier
📅 Vendredi 25 et samedi 26 septembre
« Escapades oniriques » : pousser la porte de l’imaginaire
La marionnette a naturellement sa place dans un festival qui aime transformer le réel pour mieux le regarder. « Escapades oniriques », présenté à la Chapelle des Cordeliers, offre une parenthèse qui devrait particulièrement séduire les familles et permettre d’aborder autrement les univers développés tout au long du week-end.
📍 Chapelle des Cordeliers
📅 Samedi 26 septembre à 15 h
👀 À DÉCOUVRIR
« Pas si bêtes » : cinq ânes entrent dans une pension de famille…
Le point de départ pourrait presque être celui d’une fable. Dans une pension de famille ardéchoise, cinq nouveaux résidents font leur arrivée. Ils ont quatre pattes, de longues oreilles et bouleversent rapidement le quotidien des habitants. De cette cohabitation est née une création mêlant paroles, chansons, musique et vidéo, portée avec la compagnie La Bricole et l’Orchestre national Avignon-Provence. Une proposition suffisamment improbable pour susciter la curiosité et qui semble parfaitement correspondre à l’esprit de « C’est pas du luxe ! » : provoquer une rencontre là où personne ne l’attendait.
📍 Théâtre des Halles
📅 Vendredi 25 septembre à 20 h 30
« Expert Esthétique » : la haute couture au milieu des vêtements abandonnés
Dans un hangar de tri textile d’Emmaüs Grenoble et Échirolles, certains matériaux promis au rebut commencent à être mis de côté. Un atelier de couture apparaît, puis les premières pièces d’upcycling. Peu à peu, les réalisations deviennent plus ambitieuses jusqu’à faire surgir la haute couture au milieu du hangar. La cinéaste Pauline Bastard accompagne cette transformation dans « Expert Esthétique », un film de 48 minutes projeté en boucle à la Collection Lambert. Une proposition qui déplace le regard porté sur le réemploi mais aussi sur les savoir-faire et la création.
📍 Auditorium de la Collection Lambert
📅 Vendredi, samedi et dimanche
🎭 CÔTÉ THÉÂTRE
« Les légendes dorées d’un poète autoroutier »
Avec 1 h 35 de représentation au Théâtre des Carmes, « Les légendes dorées d’un poète autoroutier » fait partie des propositions théâtrales au long cours de cette édition. Dans un festival où cohabitent de nombreuses formes brèves, cette durée laisse présager un véritable espace donné au récit et à la construction théâtrale.
📍 Théâtre des Carmes
📅 Dimanche 27 septembre à 14 h
« Du silence à nos voix »
Le titre dit déjà beaucoup du geste qui traverse « C’est pas du luxe ! » : faire émerger une parole, lui donner une forme et, surtout, lui donner une scène. « Du silence à nos voix » investira le Théâtre des Halles pour une heure de représentation.
📍 Théâtre des Halles
📅 Dimanche 27 septembre à 15 h
« 2h14 » : l’adolescence au bord du basculement
Quatre jeunes et leur professeur cherchent le bonheur par des chemins pour le moins inattendus : avaler des vers, devenir aveugle, franchir des portes imaginaires… jusqu’à ce qu’à 2 h 14 tout bascule. Entre théâtre et performance, une écriture fragmentée et des élans surréalistes viennent interroger l’adolescence et, plus largement, ce qui permet de tenir debout. Sur le papier, « 2h14 » compte parmi les propositions théâtrales les plus intrigantes du dimanche.
📍 Le 11·Avignon
📅 Dimanche 27 septembre à 16 h
🌳 AVIGNON À CIEL OUVERT
« Faire Corps en Chœur #1 » : la ville comme plateau
Place des Corps-Saints, place Saint-Didier, place Pie : ici, nul besoin de pousser la porte d’un théâtre. La création vient directement à la rencontre de la ville. Avec « Faire Corps en Chœur #1 », le mouvement collectif se déplace d’une place avignonnaise à l’autre. Ces formes courtes permettent aussi de retrouver ce qui fait le charme particulier de « C’est pas du luxe ! » : la possibilité de tomber sur une œuvre presque par hasard, au détour d’une rue, et de voir l’espace quotidien momentanément transformé en scène.
📍 Plusieurs places d’Avignon
📅 Samedi 26 et dimanche 27 septembre
La Scène ouverte : laisser une place à l’imprévu
Tout ne peut pas être programmé longtemps à l’avance. Au square Agricol Perdiguier, la Scène ouverte accueille celles et ceux qui souhaitent partager une pratique, un texte, une chanson, un slam ou une création. Une part d’inconnu assumée qui rappelle que le festival ne repose pas uniquement sur une programmation sélectionnée mais également sur la possibilité de prendre place dans l’espace artistique.
📍 Square Agricol Perdiguier
🖼️ LE TEMPS DES EXPOS
« Celle que j’imagine » : choisir aussi l’image que l’on donne de soi
La photographe Lys Arango a travaillé avec les femmes d’une résidence sociale parisienne. Mais plutôt que de leur demander simplement de poser devant son objectif, le projet s’est construit dans le dialogue, les confidences et la mise en scène. « Celle que j’imagine » interroge ainsi le portrait lui-même : que se passe-t-il lorsque la personne photographiée participe à la fabrication de l’image par laquelle les autres vont la découvrir ?
📍 Café Mental’O
📅 Du vendredi au dimanche
« Lieu(x) de soi » : une cartographie intime
Comment habite-t-on réellement une ville ? À travers quatorze diptyques, les photographes Odo et Didier Bonvalet associent le portrait de résidents de cinq pensions de famille à un lieu choisi par chacun d’eux. Le dispositif est simple, mais ouvre un territoire beaucoup plus vaste : celui de l’attachement, de l’intime et de la manière dont un endroit finit parfois par raconter celui qui l’habite.
📍 Espace Yiiiiiiiy
📅 Du vendredi au dimanche
Les deux grandes expositions déjà annoncées parmi les temps forts du festival, « Écho et Zéphyr » à la Collection Lambert et « Empreinte(s) de l’invisible » à l’église des Célestins, méritent naturellement elles aussi le détour. Elles ont déjà fait l’objet d’une présentation détaillée dans La Chronique lors de l’annonce de l’édition 2026.
🎬 À VOIR SUR ÉCRAN
Le cinéma possède également son parcours. Outre « Expert Esthétique », Utopia République accueillera plusieurs séances permettant de découvrir des films nés des projets accompagnés par le festival. Le dimanche, « Demain… », « Oiseaux », « Une embellie filante à Fontbarlettes » et « Impasse 47 » seront notamment réunis dans une même séance. Une autre manière d’approcher les récits du festival, en laissant cette fois l’image prendre le relais du plateau.
📍 Utopia République
📅 Plusieurs séances pendant le week-end
🎉 POUR FAIRE LA FÊTE
Un festival consacré aux liens ne pouvait pas se contenter de demander au public de rester assis. Musique, danse et propositions participatives ponctueront donc les trois journées. « Street Fighters », imaginé par Marina Gomes et la compagnie Hylel, constituera l’un des grands rendez-vous du samedi avec quatre heures de danse, rap, théâtre, battle hip-hop et participation du public à la FabricA. « Terrain Vague – De la rue à la rime » prendra le relais dimanche à La Respélid’. Quatre MC’s, une choriste, un claviériste et un beatmaker y mêleront français, anglais et lingala dans une création placée sous les signes de la rage, de l’espoir et de la résistance.De quoi rappeler que la fête n’est pas, ici non plus, un supplément au festival. Elle en constitue l’un des langages.
Après juillet et ses festivals, septembre offrira ainsi un autre visage d’Avignon, moins préoccupé par la course aux premières et aux succès, peut-être. Plus attentif à la rencontre et toujours cette même idée derrière un nom qui ressemble à une plaisanterie mais constitue surtout une profession de foi : la culture, décidément, c’est pas du luxe.
La rédaction
Photo : © Tiphanie Romain
REPÈRES — C’EST PAS DU LUXE ! 2026 :
Dates : 25, 26 et 27 septembre 2026
Lieu : Avignon
Édition : 8e édition
Parrain : Benjamin Lavernhe
Artistes : plus de 700
Créations artistiques : Plus de 70
Lieux : 30 lieux avignonnais
Temps forts annoncés : Écho et Zéphyr, Empreinte(s) de l’invisible, Street Fighters, Passe à la maison !
Disciplines : théâtre, danse, cinéma, arts visuels, arts plastiques, écriture, musique, hip-hop, performances et créations participatives
Programme détaillé : présentation annoncée le 10 septembre 2026




