Portrait de Raoul 2026

Portrait de Raoul reprend la route, d’Angers à l’Amérique centrale

Portrait de Raoul 2026

La-chronique.fr – 06 Octobre 2026

Nous avions découvert Portrait de Raoul au Festival Off d’Avignon en 2022, où Raoul Fernandez faisait de sa propre histoire la matière d’un seul-en-scène aussi libre que foisonnant, écrit par Philippe Minyana et mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo. Quatre ans plus tard, le spectacle poursuit sa route. Il sera repris du 7 au 9 octobre 2026 au Théâtre du Champ de Bataille à Angers, dans le cadre de la programmation hors les murs du Quai CDN, avant de partir pour une tournée en Amérique centrale. Raoul Fernandez jouera alors Portrait de Raoul alternativement en français et en espagnol, avec des étapes notamment au Guatemala, au Honduras et au Salvador, son pays natal. L’occasion de remettre en lumière ce spectacle que nous avions particulièrement aimé à Avignon, avant de retrouver prochainement Raoul Fernandez dans La Chronique pour une rencontre autour de son parcours, de cette tournée et d’Il s’en va, le second volet de son portrait.

Nous republions ci-dessous notre critique, écrite après avoir découvert le spectacle au Festival Off d’Avignon 2022.

Rencontre avec Raoul Fernandez : ICI

« Le portrait de Raoul » est un travail d’écriture fait par philippe Miniyana à partir d’interviews de Raoul Fernandez et réalisées dans le cadre de la présentation des portraits du CDN de Caen.

Difficile de résumer la vie de Raoul tant celle-ci est foisonnante, folle et improbable. Petit garçon, Raoul est couvé par une mère couturière qui joue avec son fils comme avec une poupée. Devenant couturier, Raoul, plus attiré par les feux de la vie parisienne et la mode que par la culture de la mort de son Salvador natal va se retrouver à Paris. Engagé par l’Opéra Bastille sous le règne de Noureïev, il va d’aventures en rencontres se retrouver à la tête d’un travail sur les costumes des plus grands spectacles joués dans le monde et même devenir comédien ou « comédienne française » comme il le dit si bien.

Raoul Fernandez est l’archétype de ces personnes profondément attachantes à la scène comme à la ville. Comment ne pas tomber amoureux de ce personnage haut en couleur mais d’une sensibilité infinie qui, comme il le dit, a un corps d’homme mais pense comme une femme ? Sur scène, format oblige, Raoul Fernandez enchaîne le récit, forcément tronqué, de son parcours atypique. Alors qu’on retrouve un Raoul presque timide à la ville on sent que la scène lui fait pousser des ailes et que tout alors devient possible.

Raoul Fernandez, caméléon, semble maîtriser toutes les facettes du métier d’acteur et on comprend alors aisément que Stanislas Nordey l’ait découvert alors que Raoul passait simplement sur scène avec une robe qu’il transportait d’un point A à un point B ! Les scènes s’enchaînent avec entrain passant des larmes aux rires en quelques secondes, faisant rire un public entraîné comme par exemple cette scène folle d’un père courant avec son fils mort dans les bras, l’un des frère de Raoul. La carapace de plumes et de strass de Raoul se fendille alors lorsque la figure maternelle disparaît dans les nuages laissant un grand vide dans l’âme de ce poète de la vie.

A découvrir.

Pierre Salles

Photo J.L. Frenandez

REPÈRES DU SPECTACLE

Titre : Portrait de Raoul – Qu’est-ce qu’on entend derrière une porte entrouverte ?
Texte : Philippe Minyana
Mise en scène : Marcial Di Fonzo Bo
Avec : Raoul Fernandez
Production : Le Quai CDN Angers Pays de la Loire
Soutien : Avec le soutien de Yann Lorvo , conseiller d’Action Culturelle (COCAC) pour la zone Mésoamérique (Guatemala, Le Salvador, Honduras, Nicaragua et Belize)
Reprise : du 7 au 9 octobre 2026
Lieu : Théâtre du Champ de Bataille, Angers – programmation hors les murs du Quai CDN
À venir : tournée en Amérique centrale, notamment au Guatemala, au Honduras et au Salvador
Langues : représentations en français et en espagnol

Portrait de Raoul
Portrait de Raoul
Portrait de Raoul
Portrait de Raoul

Portrait de Raoul vuelve a la carretera, de Angers a Centroamérica

Descubrimos Portrait de Raoul en el Festival Off de Aviñón en 2022, donde Raoul Fernandez convertía su propia historia en la materia de un unipersonal tan libre como exuberante, escrito por Philippe Minyana y dirigido por Marcial Di Fonzo Bo. Cuatro años después, el espectáculo sigue su camino. Se retomará del 7 al 9 de octubre de 2026 en el Théâtre du Champ de Bataille de Angers, dentro de la programación extramuros de Le Quai CDN, antes de emprender una gira por Centroamérica. Raoul Fernandez interpretará entonces Portrait de Raoul alternativamente en francés y en español, con etapas previstas en Guatemala, Honduras y El Salvador, su país natal. Es la ocasión de volver a poner el foco sobre un espectáculo que nos gustó especialmente en Aviñón, antes de reencontrarnos próximamente con Raoul Fernandez en La Chronique para conversar sobre su trayectoria, sobre esta gira y sobre Il s’en va, la segunda parte de su retrato.

Republicamos a continuación nuestra crítica, escrita tras descubrir el espectáculo en el Festival Off de Aviñón de 2022.

Encuentro con Raoul Fernandez: AQUÍ

Portrait de Raoul nace de un trabajo de escritura de Philippe Minyana a partir de entrevistas con Raoul Fernandez, realizadas con motivo de la presentación de los retratos del CDN de Caen.

Difícil resumir la vida de Raoul, tan exuberante, descabellada e improbable. De niño, Raoul crece sobreprotegido por una madre costurera que juega con su hijo como si fuera una muñeca. Convertido en modisto, mucho más atraído por las luces de la vida parisina y por la moda que por la cultura de la muerte de su El Salvador natal, acaba llegando a París. Contratado por la Ópera de la Bastilla bajo el reinado de Nuréyev, irá de aventura en aventura y de encuentro en encuentro hasta ponerse al frente del trabajo de vestuario de los más grandes espectáculos representados por todo el mundo, e incluso hacerse actor o, como él mismo dice con tanta gracia, «comédienne française».

Raoul Fernandez es el arquetipo de esas personas profundamente entrañables, tanto sobre el escenario como fuera de él. ¿Cómo no enamorarse de un personaje tan pintoresco y de una sensibilidad infinita que, como él mismo dice, tiene cuerpo de hombre pero piensa como una mujer? Sobre el escenario, por razones de formato, Raoul Fernandez va hilando el relato, forzosamente truncado, de su singular trayectoria. Mientras que fuera de las tablas nos encontramos con un Raoul casi tímido, sobre ellas se siente que la escena le hace crecer alas y que entonces todo se vuelve posible.

Camaleónico, Raoul Fernandez parece dominar todas las facetas del oficio de actor, y se comprende fácilmente que Stanislas Nordey lo descubriera cuando Raoul simplemente cruzaba el escenario con un vestido que llevaba de un punto A a un punto B. Las escenas se encadenan con brío, pasando de las lágrimas a la risa en cuestión de segundos y haciendo reír a un público arrastrado por la energía, como en esa escena desmesurada de un padre que corre con su hijo muerto en brazos, uno de los hermanos de Raoul. La coraza de plumas y strass de Raoul se resquebraja entonces cuando la figura materna desaparece entre las nubes, dejando un gran vacío en el alma de este poeta de la vida.

Para descubrir.

Pierre Salles

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