
La-chronique.fr – 16 Octobre 2026
Il nostro incontro in italiano
À l’occasion de la présentation de « La Trilogie du désir – Verdi / Shakespeare », le 9 octobre 2026 au Théâtre du Chêne Noir d’Avignon, La Chronique a rencontré Monica Casadei, chorégraphe et directrice artistique de la compagnie italienne Artemis Danza. Une rencontre autour du pouvoir, de la violence, des passions humaines et de cette danse contemporaine qui cherche, avant tout, à provoquer des émotions.
Une chorégraphie puissante, des corps traversés par la violence des passions, des envolées lyriques qui se heurtent à des sonorités contemporaines. « La Trilogie du désir » ne laisse guère de place à l’indifférence. En revisitant trois opéras de Giuseppe Verdi inspirés de Shakespeare, Monica Casadei explore les ressorts de la jalousie, de l’ambition et de la domination. Après sa création au Teatro Regio de Parme, le spectacle était présenté pour la première fois en France dans une version adaptée, réunissant huit danseurs et un comédien. À l’issue de cette représentation intense, la chorégraphe italienne a accepté de revenir sur son parcours et sur les intentions qui traversent son travail.
La Chronique : Pourquoi avoir choisi Otello, Macbeth et Falstaff ? Qu’est-ce qui relie ces trois personnages au-delà de leurs désirs et de leurs ambitions ?
Monica Casadei : Ce choix vient d’abord de Verdi lui-même. Giuseppe Verdi était absolument fasciné par William Shakespeare. Il s’est inspiré de son œuvre pour composer trois opéras, « Macbeth », « Otello » et « Falstaff », ce dernier étant notamment tiré des « Joyeuses Commères de Windsor ». Cette trilogie est née d’une commande du Teatro Regio de Parme, une ville qui entretient un lien très fort avec Verdi, né à Busseto, non loin de là. C’était une manière de lui rendre hommage, dans une région où son héritage musical est omniprésent. La création originale réunissait dix-neuf danseurs, un comédien et des musiciens. Il s’agissait d’une production de grande envergure, pensée pour une scène d’opéra.
Notre compagnie est installée à Parme depuis de nombreuses années. Nous avons bénéficié d’une résidence artistique qui nous a permis d’y développer notre travail. Cette proximité avec l’univers de l’opéra a naturellement influencé mon parcours chorégraphique.
La Chronique : Vous avez consacré une grande partie de votre travail aux héroïnes de Verdi et de Puccini. Pourquoi avoir choisi, cette fois, de placer des personnages masculins au centre de votre création ?
Monica Casadei : C’est effectivement une première dans mon parcours, du moins pour une création autour de sujets aussi tragiques. J’ai beaucoup travaillé sur les héroïnes de l’opéra, notamment avec « La Traviata », « Tosca », « Madama Butterfly » ou encore « Carmen ». Ces œuvres me permettent d’aborder un sujet qui me tient particulièrement à cœur, la violence faite aux femmes. À travers des histoires que le public connaît déjà, je cherche à raconter des réalités contemporaines. Certaines de ces héroïnes sont victimes de féminicides, d’autres subissent des violences psychologiques.
Avec « La Trilogie du désir », le point de vue change. Ce sont les hommes qui deviennent les protagonistes, mais, d’une certaine manière, je continue à parler des femmes à travers les obsessions et les désirs masculins. C’est particulièrement évident avec Othello. Sa jalousie le conduit à une violence incontrôlable. Cette histoire rejoint directement les problématiques que j’explore depuis longtemps.
La Chronique : Le pouvoir, la jalousie et la violence traversent ces trois histoires. Comment avez-vous voulu les relier à notre époque ?
Monica Casadei : Ce qui m’intéresse, c’est justement leur extraordinaire modernité. Quand on pense à l’opéra, on imagine les chanteurs, les décors, les costumes, une certaine tradition. Mais si l’on enlève tout cela et que l’on se concentre sur les émotions et les mécanismes humains, on découvre des sujets complètement contemporains. Avec Macbeth, nous sommes face à un homme prêt à tuer pour accéder au pouvoir. Cette volonté de domination absolue existe toujours. Nous vivons dans un monde où certains individus, une fois au pouvoir, se pensent tout-puissants. J’ai choisi de représenter une sorte de nuit intérieure, peuplée de fantômes et de cauchemars. Les danseuses deviennent les figures de ces tourments, les démons qui hantent Macbeth et Lady Macbeth après les crimes commis.
Avec Othello, c’est différent. Nous sommes déjà à la fin de l’histoire. Il entre comme un homme victorieux, entouré d’une sorte d’armée, avec toute la puissance que cela représente. Mais il est progressivement envahi par une jalousie qui devient obsessionnelle, une force presque incontrôlable. Cette violence me bouleverse profondément. Comment un homme peut-il être traversé par une telle fureur au point de tuer une femme ? C’est une question à laquelle nous n’avons toujours pas de réponse satisfaisante. Ces drames surviennent dans tous les milieux, parfois là où personne ne les aurait imaginés. La folie, la jalousie, l’argent et le désir de pouvoir sont intimement liés. C’est cette part sombre de l’être humain que j’ai voulu explorer.
La Chronique : Votre chorégraphie dégage une grande puissance physique. Comment traduisez-vous ces émotions et cette violence à travers les corps ?
Monica Casadei : Mon travail repose beaucoup sur l’énergie. J’ai développé un style de danse très physique, mais cette énergie n’est jamais une fin en soi. Ce qui m’intéresse, c’est de faire apparaître les émotions à travers les mouvements. Dans Macbeth, par exemple, les danseuses deviennent les cauchemars, les fantômes et les tourments intérieurs des personnages. Nous ne cherchons pas à raconter l’histoire de manière littérale, mais à faire ressentir ce qui se passe dans leur esprit.
Avec Othello, c’est la jalousie qui devient une force presque tangible, quelque chose qui envahit progressivement tout son être. Je ne cherche pas simplement à produire de belles images. C’est toute la dimension émotionnelle de la danse qui m’intrigue et qui m’intéresse.
La Chronique : La musique joue un rôle essentiel dans cette création. Comment travaillez-vous avec Fabio Fiandrini pour faire dialoguer les compositions contemporaines et les airs de Verdi ?
Monica Casadei : Fabio et moi travaillons ensemble depuis longtemps. Il possède un univers musical très personnel, souvent rythmé, énergique, mais il sait également créer des atmosphères extrêmement sensibles. Il a beaucoup travaillé pour le théâtre et le documentaire. Il possède une culture cinématographique qui nourrit son imaginaire. Notre collaboration lui a aussi permis d’aborder la composition pour la danse. Il compose les musiques, les ambiances et les atmosphères, puis je les intègre dans la dramaturgie du spectacle. Nous travaillons ainsi depuis 2011. Ce dialogue entre musique contemporaine et opéra fonctionne particulièrement bien parce que les deux univers sont complémentaires.
L’opéra parle parfois de choses terribles, mais sa musique peut rester très harmonieuse, presque douce. Or, pour certaines scènes, j’ai besoin d’aller plus loin dans l’émotion, de provoquer quelque chose de plus brutal. La musique contemporaine me permet d’atteindre cette intensité. Puis, lorsque nous revenons à Verdi, nous entrons dans un autre univers émotionnel. C’est une manière de jouer avec les sensations du spectateur. À certains moments, il faut le bousculer ; à d’autres, il faut lui permettre de retrouver une forme d’apaisement. C’est cela qui m’intéresse dans la danse, pas seulement l’esthétique, mais tout ce qui se passe émotionnellement.
La Chronique : La première française de « La Trilogie du désir » est présentée au Chêne Noir dans une version adaptée aux dimensions d’un plateau de théâtre, avec huit danseurs et un comédien. Comment cette adaptation se traduit-elle sur scène et pourquoi avoir choisi Avignon ?
Monica Casadei : La création originale, présentée à Parme, réunissait dix-neuf danseurs. Mais toutes les scènes ne disposent pas des mêmes dimensions. Lorsque le plateau ne permet pas d’accueillir l’ensemble de la distribution, nous présentons une version adaptée avec huit danseurs. Cela permet au spectacle de voyager et de rencontrer des publics dans des théâtres de configurations différentes. Concernant Avignon, c’est avant tout une histoire de rencontre. Nous étions déjà venus au Théâtre du Chêne Noir il y a deux ans avec un spectacle autour de Puccini.
J’ai immédiatement ressenti une grande affinité avec ce lieu et avec Gérard et Julien Gélas. Ce sont des hommes de théâtre, et ma danse possède justement une dimension très théâtrale. Elle raconte des histoires, même lorsqu’elle s’éloigne de la narration traditionnelle. Cette sensibilité commune a créé un véritable lien. Ils nous ont invités à revenir, et j’en suis très heureuse. J’aime profondément ce théâtre et j’espère pouvoir y présenter d’autres créations, pourquoi pas pendant le Festival d’Avignon.
À travers « La Trilogie du désir », Monica Casadei poursuit une exploration singulière de l’univers lyrique, qu’elle débarrasse de ses conventions pour en révéler la portée universelle. La chorégraphe ne cherche pas tant à illustrer les opéras de Verdi qu’à faire surgir, par le mouvement, les tensions qui traversent leurs personnages. Le pouvoir se lit dans les rapports de force entre les danseurs, la jalousie dans la brutalité des gestes, la culpabilité dans les silhouettes qui hantent la scène. La rencontre entre les compositions de Fabio Fiandrini et la musique de Verdi contribue largement à cette puissance expressive. Les contrastes sonores accompagnent les corps sans jamais les réduire à une simple illustration musicale. Une proposition chorégraphique exigeante et profondément contemporaine, où la virtuosité des interprètes se met au service des émotions.
Propose recueillis par Béatrice Stopin
Notre critique de « La Trilogie du désir »
Crédit Photo : © Claudio Montanari
Incontro con Monica Casadei per « La Trilogia del desiderio », quando la danza esplora il lato oscuro dell’essere umano.
In occasione della rappresentazione de « La Trilogia del desiderio – Verdi / Shakespeare », il 9 ottobre 2026 al Théâtre du Chêne Noir di Avignone, La Chronique ha incontrato Monica Casadei, coreografa e direttrice artistica della compagnia italiana Artemis Danza. Un’intervista dedicata al potere, alla violenza, alle passioni umane e a una danza contemporanea che cerca, prima di tutto, di suscitare emozioni.
Una coreografia potente, corpi attraversati dalla violenza delle passioni, slanci lirici che si intrecciano con sonorità contemporanee. « La Trilogia del desiderio » non lascia indifferenti. Rivisitando tre opere di Giuseppe Verdi ispirate a Shakespeare, Monica Casadei esplora i meccanismi della gelosia, dell’ambizione e del dominio.
Dopo il debutto al Teatro Regio di Parma, lo spettacolo è stato presentato per la prima volta in Francia in una versione adattata, con otto danzatori e un attore. Al termine della rappresentazione, la coreografa italiana ha accettato di ripercorrere la propria esperienza artistica e di raccontare le intenzioni che guidano il suo lavoro.
La Chronique : Perché ha scelto Otello, Macbeth e Falstaff? Che cosa accomuna questi tre personaggi, al di là dei loro desideri e delle loro ambizioni?
Monica Casadei : La scelta nasce innanzitutto da Verdi stesso. Giuseppe Verdi era profondamente affascinato da William Shakespeare. Si ispirò alle sue opere per comporre tre melodrammi, « Macbeth », « Otello » e « Falstaff », quest’ultimo tratto in particolare da « Le allegre comari di Windsor ». Questa trilogia è nata da una commissione del Teatro Regio di Parma, una città profondamente legata a Verdi, nato a Busseto, poco distante. È stato un modo per rendergli omaggio in un territorio dove la sua eredità musicale è ancora molto presente.
La creazione originale riuniva diciannove danzatori, un attore e alcuni musicisti. Si trattava di una produzione di grande respiro, concepita per il palcoscenico di un teatro d’opera. La nostra compagnia ha sede a Parma da molti anni. Abbiamo beneficiato di una residenza artistica che ci ha permesso di sviluppare lì il nostro lavoro. Questa vicinanza al mondo dell’opera ha naturalmente influenzato il mio percorso coreografico.
La Chronique : Ha dedicato gran parte del suo lavoro alle eroine di Verdi e Puccini. Perché questa volta ha scelto di mettere al centro della creazione figure maschili?
Monica Casadei : È effettivamente una novità nel mio percorso, almeno per quanto riguarda una creazione legata a temi così tragici. Ho lavorato molto sulle eroine dell’opera, in particolare con « La traviata », « Tosca », « Madama Butterfly » e « Carmen ». Queste opere mi permettono di affrontare un tema che mi sta particolarmente a cuore, quello della violenza contro le donne. Attraverso storie che il pubblico già conosce, cerco di raccontare realtà contemporanee. Alcune di queste eroine sono vittime di femminicidio, altre subiscono forme di violenza psicologica.
Con « La Trilogia del desiderio » il punto di vista cambia. Sono gli uomini a diventare protagonisti, ma, in un certo senso, continuo a parlare delle donne attraverso le ossessioni e i desideri maschili. Questo è particolarmente evidente nel caso di Otello. La sua gelosia lo conduce a una violenza incontrollabile. È una storia che si collega direttamente ai temi sui quali lavoro da molto tempo.
La Chronique : Il potere, la gelosia e la violenza attraversano queste tre storie. In che modo ha voluto metterle in relazione con il nostro tempo?
Monica Casadei : Quello che mi interessa è proprio la loro straordinaria attualità. Quando pensiamo all’opera lirica, immaginiamo i cantanti, le scenografie, i costumi, una certa tradizione. Ma se eliminiamo tutto questo e ci concentriamo sulle emozioni e sui meccanismi umani, scopriamo temi assolutamente contemporanei. Con Macbeth ci troviamo di fronte a un uomo disposto a uccidere pur di conquistare il potere. Questa volontà di dominio assoluto esiste ancora oggi. Viviamo in un mondo in cui alcune persone, una volta raggiunto il potere, si considerano onnipotenti.
Ho scelto di rappresentare una sorta di notte interiore, popolata di fantasmi e incubi. Le danzatrici diventano le figure di questi tormenti, i demoni che perseguitano Macbeth e Lady Macbeth dopo i crimini commessi. Con Otello è diverso. Ci troviamo già alla fine della storia. Entra in scena come un uomo vittorioso, circondato da una sorta di esercito, con tutta la forza che questa immagine rappresenta. Ma viene progressivamente sopraffatto da una gelosia ossessiva, una forza quasi incontrollabile.
Questa violenza mi sconvolge profondamente. Come può un uomo essere attraversato da una furia tale da arrivare a uccidere una donna? È una domanda alla quale ancora oggi non sappiamo dare una risposta soddisfacente. Queste tragedie si verificano in tutti gli ambienti sociali, talvolta dove nessuno le avrebbe mai immaginate. La follia, la gelosia, il denaro e il desiderio di potere sono intimamente legati. È questo lato oscuro dell’essere umano che ho voluto esplorare.
La Chronique : La sua coreografia esprime una grande forza fisica. Come riesce a tradurre queste emozioni e questa violenza attraverso i corpi?
Monica Casadei : Il mio lavoro si basa molto sull’energia. Ho sviluppato uno stile di danza molto fisico, ma questa energia non è mai fine a sé stessa. Ciò che mi interessa è far emergere le emozioni attraverso il movimento. In Macbeth, per esempio, le danzatrici diventano gli incubi, i fantasmi e i tormenti interiori dei personaggi. Non cerchiamo di raccontare la storia in modo letterale, ma di far percepire ciò che accade nella loro mente.
Con Otello è la gelosia a diventare una forza quasi tangibile, qualcosa che invade progressivamente tutto il suo essere. Non cerco semplicemente di creare belle immagini. È tutta la dimensione emotiva della danza che mi incuriosisce e mi interessa.
La Chronique : La musica svolge un ruolo fondamentale in questa creazione. Come lavora con Fabio Fiandrini per mettere in dialogo le composizioni contemporanee e le arie di Verdi?
Monica Casadei : Fabio e io collaboriamo da molto tempo. Possiede un universo musicale molto personale, spesso ritmico ed energico, ma sa anche creare atmosfere estremamente sensibili. Ha lavorato molto per il teatro e per il documentario. Possiede una cultura cinematografica che alimenta il suo immaginario. La nostra collaborazione gli ha inoltre permesso di avvicinarsi alla composizione musicale per la danza. Lui compone le musiche, gli ambienti sonori e le atmosfere, poi io le inserisco nella drammaturgia dello spettacolo.
Lavoriamo in questo modo dal 2011. Il dialogo tra musica contemporanea e opera lirica funziona particolarmente bene perché i due universi sono complementari. L’opera racconta talvolta cose terribili, ma la sua musica può rimanere molto armoniosa, quasi dolce. Per alcune scene, invece, ho bisogno di spingermi più a fondo nell’emozione, di provocare qualcosa di più brutale. La musica contemporanea mi permette di raggiungere questa intensità. Quando poi torniamo a Verdi, entriamo in un altro universo emotivo. È un modo di giocare con le sensazioni dello spettatore. In alcuni momenti bisogna scuoterlo, in altri bisogna permettergli di ritrovare una forma di distensione. È questo che mi interessa nella danza, non soltanto l’estetica, ma tutto ciò che accade sul piano emotivo.
La Chronique : La prima francese di « La Trilogia del desiderio » viene presentata al Théâtre du Chêne Noir in una versione adattata alle dimensioni del palcoscenico di un teatro, con otto danzatori e un attore. Come si traduce questo adattamento sulla scena e perché ha scelto Avignone?
Monica Casadei : La creazione originale, presentata a Parma, riuniva diciannove danzatori. Ma non tutti i palcoscenici hanno le stesse dimensioni. Quando lo spazio scenico non consente di ospitare l’intero organico, presentiamo una versione adattata con otto danzatori. Questo permette allo spettacolo di viaggiare e di incontrare pubblici diversi, in teatri con caratteristiche differenti. Per quanto riguarda Avignone, si tratta soprattutto di una storia di incontri. Eravamo già stati al Théâtre du Chêne Noir due anni fa con uno spettacolo dedicato a Puccini.
Ho sentito immediatamente una grande affinità con questo luogo e con Gérard e Julien Gélas. Sono uomini di teatro e la mia danza possiede proprio una dimensione fortemente teatrale. Racconta storie, anche quando si allontana dalla narrazione tradizionale. Questa sensibilità comune ha creato un legame autentico. Ci hanno invitati a tornare e ne sono davvero felice. Amo profondamente questo teatro e spero di potervi presentare altre creazioni, magari durante il Festival di Avignone.
Attraverso « La Trilogia del desiderio », Monica Casadei prosegue un’esplorazione originale dell’universo lirico, liberandolo dalle sue convenzioni per rivelarne la portata universale. La coreografa non cerca tanto di illustrare le opere di Verdi, quanto di far emergere, attraverso il movimento, le tensioni che attraversano i personaggi. Il potere si manifesta nei rapporti di forza tra i danzatori, la gelosia nella brutalità dei gesti, il senso di colpa nelle figure che popolano la scena.
L’incontro tra le composizioni di Fabio Fiandrini e la musica di Verdi contribuisce ampiamente a questa forza espressiva. I contrasti sonori accompagnano i corpi senza mai ridurli a una semplice illustrazione musicale. Una proposta coreografica intensa e profondamente contemporanea, nella quale il virtuosismo degli interpreti si mette al servizio delle emozioni.
Intervista a cura di Béatrice Stopin




