Les rencontres dse SABAM - Théâtre Transversal Avignon

Au Théâtre Transversal, octobre fait bouger les lignes

Les rencontres dse SABAM - Théâtre Transversal Avignon

La-chronique.fr – 26 Septembre 2026

Le Théâtre Transversal ouvre sa saison 2026-2027 avec un mois d’octobre qui ressemble assez bien à ce lieu avignonnais : des auteurs à découvrir, un roman porté à la scène et, pour finir, une drôle de machine installée en pleine ville. Des Rencontres de la Sabam à Bleu Nuit et L’Effet Goldberg, le théâtre change de forme, mais garde le même goût pour les écritures contemporaines et les chemins de traverse.

Elles sont désormais devenues un rendez-vous régulier du théâtre Transversal d’Avignon. Les Rencontres de la Sabam reviennent à Avignon du 1er au 4 octobre, fruit d’un partenariat qui s’est installé dans le temps entre le théâtre et la société belge qui représente et accompagne les auteurs. Ce rendez-vous dit aussi quelque chose du travail mené par Laetitia Mazzoleni, directrice du Transversal. Son nom est bien connu des habitués du Festival Off, où le théâtre a su trouver sa place et affirmer une véritable identité. Mais réduire le Transversal aux trois semaines de juillet serait passer à côté de l’essentiel car le travail se poursuit toute l’année, avec une attention particulière portée aux écritures contemporaines, aux artistes et à ces formes qui ne trouvent pas toujours immédiatement leur place sur les scènes les plus exposées.

C’est un travail de fond, moins visible que l’agitation du mois de juillet, mais qui finit par se remarquer. Une programmation se construit aussi ainsi : dans la durée, par des fidélités, des rencontres et une curiosité gardée intacte pour des textes et des artistes que l’on ne connaît pas encore et les Rencontres de la Sabam en sont un bon exemple. L’idée reste simple : faire découvrir des écritures dramatiques venues de Belgique et, surtout, les faire entendre. Les textes proposés sont écrits en français ou en néerlandais puis traduits, avec l’envie de faire circuler les œuvres et de créer de nouvelles passerelles entre la Belgique et la France. 

Une lecture au théâtre n’est jamais tout à fait une lecture comme les autres, il y a les voix, les silences, les regards, parfois quelques gestes et il n’en faut pas beaucoup plus pour que les personnages commencent à exister et que chacun se fabrique son propre décor. Les textes sont d’ailleurs travaillés en amont avec des comédiens, musiciens, scénographes et metteurs en scène. Pas encore véritablement des spectacles, donc, mais déjà bien davantage que des mots posés sur une page. 

Cette année ce rendez-vous propose six textes venus de Belgique : Héroïnes d’Aurélie Wijnants ouvre les rencontres le jeudi 1er octobre au Théâtre des Doms, avec Barbara Ferraggioli et Julie Palmier. Le lendemain, Hybride de Déborah Danblon réunit Floréal Comte, Barbara Ferraggioli, Laetitia Mazzoleni et Sébastien Piron. Samedi, deux propositions se succèdent : Journal d’un lit vide de Mokhallad Rasem, traduit par Catherine Tron-Mulder, puis La Première fois de Dahlia Pessemiers-Benamar, traduit par Isabelle Grynberg Waksman. Dimanche, Garçon de Carly Wijs, traduit par Vanja Maria Godée, puis À la recherche de l’arche perdue d’Enora Sbille terminent ces quatre jours. 

Changement d’atmosphère les 16 et 17 octobre à 19 h avec Bleu Nuit, adaptation du roman éponyme de Dima Abdallah. Un homme, après des années d’enfermement, décide d’aller vivre dans la rue. Il marche dans la ville, retrouve ceux qui ont compté pour lui et, au détour de ses errances, des souvenirs qu’il aurait parfois préféré laisser derrière lui. Il y a ceux qui réchauffent et ceux dont on ne se débarrasse pas si facilement. La rue devient peu à peu le territoire de cette mémoire encombrante, avec ses rencontres, ses absences et ce passé qui revient sans prévenir.  Après les auteurs de la Sabam, Bleu Nuit poursuit donc à sa manière le voyage entre littérature et théâtre. Cette fois, c’est un roman qui quitte le livre pour trouver une autre vie sur scène.

Et enfin, le 31 octobre, le Transversal quitte carrément sa salle avec une drôle de machine place des Corps-Saints à 15 heures, rendez-vous pour L’Effet Goldberg, une performance mécanico-théâtrale inspirée des machines de Rube Goldberg. Le spectacle est proposé en extérieur et en entrée libre. Une machine de Goldberg ou une mécanique volontairement compliquée où une action minuscule en déclenche une autre : quelque chose tombe, pousse, roule ou bascule et entraîne la suite. On regarde fonctionner l’ensemble avec le plaisir un peu enfantin d’attendre de savoir si tout ira jusqu’au bout. L’Effet Goldberg joue avec cette fascination, mais aussi avec ce qu’elle peut raconter de notre monde. Plus la machine devient complexe, plus son équilibre paraît fragile. L’accumulation peut produire le mouvement comme elle peut provoquer l’effondrement. Le spectacle se construit précisément autour de cette hésitation, entre espoir et doute. 

Pour son premier mois de saison, le Transversal passe ainsi de la lecture au spectacle, du roman à la rue, de la scène à l’espace public. Trois rendez-vous très différents, sans chercher à les faire entrer de force dans une même case.

La rédaction

REPÈRES
THÉÂTRE TRANSVERSAL — OCTOBRE 2026

Rencontres de la Sabam
Du 1er au 4 octobre 2026
Six textes d’auteurs belges
Ouverture : Héroïnes, jeudi 1er octobre à 19 h au Théâtre des Doms.

Bleu Nuit
D’après le roman de Dima Abdallah
16 et 17 octobre à 19 h
Théâtre Transversal

L’Effet Goldberg
Performance mécanico-théâtrale
31 octobre à 15 h
Place des Corps-Saints, Avignon
Entrée libre

Théâtre Transversal
Direction : Laetitia Mazzoleni
10-12 rue d’Amphoux — 84000 Avignon
Réservations : 04 90 86 17 12.

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