
Avant les premières notes d’Aïda de Giuseppe Verdi, une autre voix s’est fait entendre sur la scène de l’Opéra Grand Avignon. Celle des agents de l’établissement, venus annoncer au public le dépôt d’un préavis de grève illimité à compter du 16 octobre 2026.
Effectifs insuffisants, difficultés de remplacement, dégradation des conditions de travail, dysfonctionnements organisationnels et managériaux, manque de reconnaissance… Les revendications témoignent d’un malaise qui, selon les agents, perdure depuis plusieurs années. S’ils saluent les efforts récemment consentis par le Grand Avignon concernant les postes, ils réclament un véritable dialogue social, des réponses concrètes et des engagements précis.
Mais pas question de pénaliser les spectateurs. Pour rendre leur mobilisation visible sans compromettre la représentation, les agents ont choisi une forme de contestation aussi originale que symbolique : ne pas effectuer les « rideaux rouges » habituellement destinés à dissimuler les manœuvres techniques. Changements de décors et interventions des équipes sont ainsi restés à la vue du public, dévoilant une partie de cette mécanique invisible qui fait la magie du spectacle.
Une initiative qui rappelle que derrière les voix, les costumes et les décors, des dizaines de professionnels œuvrent dans l’ombre pour faire vivre l’opéra.
Accueillie par les applaudissements du public, cette prise de parole aura offert un prélude inattendu à l’œuvre de Verdi. Avant que les artistes n’entrent en scène, les coulisses avaient, elles aussi, quelque chose à dire.
La rédaction




